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Comment l’IA redéfinit l’apprentissage en 2026

On a longtemps craint que l’IA ne tue l’apprentissage en rendant la réponse trop facile. Les données prouvent le contraire : elle est en train de transformer l’apprenant passif en un acteur engagé.

En décembre 2025, Microsoft a analysé 37,5 millions de conversations sur Copilot. Ce jeu de données massif, révélé dans le rapport “It’s About Time”, nous offre une radiographie inédite de notre rapport au savoir. Loin des clichés sur la “triche” ou la paresse intellectuelle, on y découvre une humanité en quête de sens, de méthode et de conseils pratiques.

Voici ce que ces millions d’échanges nous apprennent sur le futur de la formation.

L’ère du “Advice Seeking”

Pendant deux décennies, apprendre sur le web signifiait “Googler” : taper des mots-clés, scanner une liste de liens bleus, et tenter de synthétiser l’information. C’était l’ère de la Recherche d’Information (Information Seeking).

Le rapport 2025 marque un tournant historique : nous sommes entrés dans l’ère de la Recherche de Conseil (Advice Seeking).

La nuance est fondamentale :

  • L’ancien monde (Web) : L’utilisateur demandait “Quels sont les principes du management ?” (Il cherchait une liste).
  • Le nouveau monde (IA) : L’utilisateur demande “Comment recadrer un collaborateur sans le demotiver ?” (Il cherche une stratégie).

L’apprentissage ne se fait plus par l’accumulation de faits, mais par la résolution de problèmes contextualisés. L’IA n’est plus une encyclopédie ; elle est devenue un consultant.

Dis-moi où tu es, je te dirai ce que tu apprends

L’étude révèle une dichotomie fascinante selon le support utilisé, prouvant que l’apprentissage est devenu “liquide” et s’adapte à notre rythme biologique.

Le Desktop : L’atelier du professionnel (09h-17h)

Sur ordinateur, l’IA est un collègue technique. Les pics d’utilisation correspondent aux heures de bureau. On y apprend à coder, à manipuler des formules Excel complexes ou à rédiger des synthèses stratégiques. C’est un apprentissage “Just-in-Time” : on acquiert la compétence à la seconde précise où l’on en a besoin pour débloquer une tâche.

Le Mobile : Le confident du soir (20h-00h)

Sur smartphone, l’IA change de visage. Tard le soir ou très tôt le matin, les sujets basculent vers la santé, la philosophie, la religion ou les relations humaines. L’IA devient un confident ou un coach de vie. L’apprentissage y est plus réflexif, plus intime. On ne cherche plus à produire, mais à comprendre le monde ou soi-même.

Les conséquences pour la Formation Professionnelle (L&D)

Si les apprenants utilisent déjà l’IA comme un tuteur personnel dans leur vie privée et professionnelle, les départements Formation et RH doivent radicalement pivoter.

Si les formats d’apprentissage linéaires conservent leur utilité pour les fondamentaux, l’IA nous invite à déplacer la valeur ajoutée de la formation vers la pratique. Voici trois pistes pour enrichir vos dispositifs :

Tester le jugement, pas la mémoire

Puisque l’IA détient la connaissance encyclopédique, évaluer la capacité de mémorisation d’un collaborateur est inutile. Le nouveau paradigme : Évaluez la capacité critique. Donnez à l’apprenant une réponse générée par l’IA contenant une erreur subtile ou un biais, et demandez-lui de la corriger. La compétence clé de 2026 n’est pas de savoir, mais de savoir vérifier.

L’IA comme “Sparring Partner” dans les jeux de rôle

L’ingénierie pédagogique doit intégrer l’outil. Au lieu de créer des quiz à choix multiples, créez des scénarios de jeux de rôle :

  • “Tu es manager. Tu vas avoir une conversation avec Simon, un employé difficile. L’IA analysera ensuite ta performance.”
  • “Utilise l’IA pour générer trois stratégies marketing contraires aux tiennes, et explique pourquoi tu maintiens ta position.”

Conclusion : L’apprenant “Augmenté”

Les chiffres de Microsoft ne montrent pas une baisse de l’effort intellectuel, mais une élévation du niveau d’exigence. Les utilisateurs ne cherchent pas à ce que l’IA pense à leur place, mais qu’elle les aide à penser mieux et plus vite.

Pour les professionnels de la pédagogie, le message est clair : n’essayez pas de concurrencer l’IA sur le terrain du savoir. Devenez les architectes des défis qui apprendront aux humains à maîtriser cette nouvelle intelligence.

Source : It’s about Time : The copilot Usage Report 2025




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