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Le
congé de paternité, créé
par la loi de financement de Sécurité
sociale pour 2002, est applicable depuis le 1er janvier
2002 à tous les pères en activité
professionnelle
Contrairement
aux congés de trois jours accordés en
cas de naissances aux seuls pères salariés,
le congé de paternité bénéficie
également aux employeurs, aux fonctionnaires,
aux salariés ou non-salariés agricoles,
aux travailleurs indépendants (artisans, commerçants,
industriels ou professions libérales) mais
aussi aux chômeurs.
1.
Les naissances concernées
Les
salariés pouvant bénéficier du
congé de paternité sont:
-
soit les pères d'enfants nés ou adoptés
à partir du 1er janvier 2002;
-
soit les pères d'enfants prématurés
en 2001 mais dont la date présumée de
naissance était postérieure au 31 décembre
2001. Dans ce cas, les pères peuvent prendre
un congé de paternité, qui court du
1er janvier 2002 au 4ème mois suivant la date
présumée de la naissance, à la
condition de prouver la date présumée
de la naissance, laquelle est établie au moment
de la déclaration de grossesse par l'organisme
de sécurité sociale dont relève
la mère.
A
noter: Le lieu de naissance ou le lieu de résidence
de l'enfant ne sont pas pris en compte. Par ailleurs,
la situation de famille du père (mariage, concubinage,
PACS, etc.) n'est pas prise en compte. Il en est de
même du fait que l'enfant soit ou non à
la charge effective du père.
2.
La durée du congé de paternité
La
durée du congé est de 11 jours et de
18 jours en cas de naissance multiple (naissance de
jumeaux, triplés...). Le décompte de
ces jours s'effectue en jours calendaires c'est-à-dire
que sont comptabilisés tous les jours du calendrier
y compris les samedis, dimanches et jours fériés.
La durée du congé de paternité
s'ajoute aux trois jours déjà accordés
au pères salariés en cas de naissance
(C. trav., art. L. 226-1). Ainsi les pères
salariés peuvent bénéficier dun
congé total de 14 ou de 21 jours selon le cas
(11 jours + 3 jours ou encore 18 jours + 3 jours).
Si, le congé paternité ne doit pas obligatoirement
être pris à la suite de ces 3 jours,
le nouveau congé de 11 jours (ou 18 jours)
ne peut pas, quant à lui, être fractionné.
S'il
le souhaite, le père peut prendre un congé
d'une durée inférieure à 11 jours.
A
noter : L'adoption d'un enfant ouvre droit au congé
de paternité, à la condition que les
deux parents partagent le congé d'adoption
en deux périodes, éventuellement simultanées,
dont la plus courte ne peut inférieure à
11 jours consécutifs. Dans ce cas, le congé
de paternité allonge le congé d'adoption
de 11 jours en cas d'adoption simple et de 18 jours
en cas d'adoptions multiples
3.
La date du congé de paternité
En
principe, le congé de paternité doit
être pris:
- soit à la naissance;
- soit dans un délai de quatre mois après
la naissance de l'enfant.
Toutefois,
le congé de paternité peut être
reporté au-delà du 4ème mois
dans l'une des situations suivantes (C. trav., art.
L. 226-1):
1/ L'enfant né est hospitalisé:
Le congé de paternité peut alors être
reporté jusqu'à la fin du 4ème
mois qui suit la fin de l'hospitalisation.
2/ La mère décède suite à
l'accouchement :
Le congé de paternité peut alors être
reporté jusqu'à la fin du 4ème
qui suit la fin du congé dont bénéficie
le père en vertu de l'article L. 122-26-1 du
code du travail, c'est-à-dire à l'issue
du congé de 10,18 ou 22 semaines accordés
au père à la naissance de l'enfant en
cas de décès de la mère.
4.
Les formalités de prise du congé
a)
Les formalités auprès de l'employeur
Pour bénéficier du congé de paternité,
le salarié doit adresser à son employeur
une lettre recommandée avec accusé de
réception en lui indiquant qu'il souhaite bénéficier
du congé de paternité et en précisant
les dates exactes auxquelles il entend le prendre.
Cette lettre doit impérativement être
envoyée au moins un mois avant la date du début
du congé.
L'employeur
ne peut pas interdire au salarié de prendre
son congé. Il n'a même pas la possibilité
de repousser les dates choisies par le salarié.
Par ailleurs, l'employeur a l'obligation d'établir
une attestation de salaire qui sera transmise à
la Caisse primaire, accompagné éventuellement,
de l'acte de naissance de l'enfant dès le 1er
jour d'absence (voir B/ Les formalités auprès
de la CPAM).
5.
L'indemnisation du congé de paternité
Pour
pouvoir être indemnisé durant son congé
de paternité, le père doit cesser son
activité professionnelle et justifier des mêmes
conditions que celles requises par la mère
pour ouvrir droit à indemnisation du congé
de maternité, c'est-à-dire :
-
Si le père est salarié en activité
:
Il doit justifier de dix mois d'immatriculation minimum.
De plus, il doit avoir travaillé au moins 200
heures dans les trois derniers mois ou avoir cotisé
(cotisations maladie, maternité, invalidité,
décès) sur un salaire au moins égal
à 1015 fois le SMIC horaire (soit 1015 x 6,67
€ = 6770,05 €) au cours des six mois précédant
la date du début du congé paternité;
-
Si le père est en situation de maintien des
droits (salarié en chômage):
Il doit justifier, à la date de la cessation
d'activité, des conditions requises pour les
personnes salariés en activité.
Montant
de l'indemnisation
L'indemnité journalière est identique
à celle versée à la mère
en congé de maternité.
Ainsi,
le montant de l'indemnité journalière
est égale à 1/90 du salaire brut des
trois derniers mois précédent le congé
de paternité. Les salaires pris en compte sont
les salaires soumis à cotisations, dans la
limite du plafond de Sécurité sociale
(soit 2 352 € pour 2002) desquels sont déduites
les cotisations salariales légales et conventionnelles
obligatoires ainsi que la CSG.
Le montant de l'indemnité journalière
paternité est réduit de 0,5 % au titre
de la CRDS et de 6,2 % au titre de la CSG.
Le montant maximal de l'indemnité journalière
est égal, après déduction de
la CSG et de la CRDS, à 62,88 €. Par exception,
le montant maximal est de 61,47 € par jour en
Alsace-Moselle.
A
noter: La loi n'impose pas à l'employeur de
verser une indemnisation complémentaire. Cependant,
la loi précise que pour les salariés
dont la rémunération excède le
plafond de Sécurité sociale, les employeurs
pourront décider (à lissue d'éventuelles
négociations collectives dentreprise
ou de branche) de verser un complément de rémunération
permettant le maintien intégral du salaire.
L'indemnité
journalière de paternité n'est pas cumulable
avec les indemnités ou allocations suivantes:
- les indemnités accordées en cas de
congés maladie et accidents du travail;
- les indemnités versées par l'assurance
chômage ou le régime de solidarité
(allocation spécifique de solidarité
ou allocation spécifique d'attente);
- l'allocation parentale d'éducation;
- l'allocation de présence parentale.
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