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La
réforme dela formation professionnelle
17
mars 1999
Communiqué de Nicole PERY au conseil des ministres
Mme
Nicole Péry, secrétaire d'État aux Droits des femmes et
à la Formation professionnelle, a présenté le 17 mars 1999
en Conseil des ministres une communication sur la réforme
de la formation professionnelle.
Mais
le système de formation se trouve aujourd'hui confronté
à d'autres défis: l'aggravation de la précarité de l'emploi,
l'accélération de la mobilité professionnelle, l'éclatement
des statuts, les exigences accrues de renouvellement des
connaissances et des savoir-faire... Face à ces défis, une
grande partie de la population adulte ne dispose que d'un
faible niveau de formation initiale et les jeunes générations,
bien que mieux formées et plus diplômées, éprouvent parfois
de réelles difficultés d'intégration professionnelle.
On constate,
dans ce contexte, de fortes inégalités d'accès à la formation.
Ceux qui auraient le plus besoin de faire progresser leurs
compétences et d'accéder à une qualification reconnue sont
ceux qui bénéficient le moins de la formation continue.
Les
nouvelles technologies de l'information et de la communication,
la transformation des rythmes de vie liés à la réduction
du temps de travail, le développement de nouvelles formes
d'organisation du travail et de gestion des compétences,
modifient également les conditions d'apprentissage des connaissances
et de progression professionnelle.
Face
à ces changements, le gouvernement propose les orientations
suivantes:
- mettre
progressivement en place un droit individuel à la formation.
Pour être pertinent, ce droit doit être transférable en
cas de mobilité ou de rupture dans la vie professionnelle;
il doit également être garanti collectivement et permettre
de mieux répartir les ressources disponibles en fonction
des difficultés particulières que chacun rencontre dans
sa vie professionnelle;
-
mieux prendre en compte les acquis de l'expérience dans
les parcours professionnels. La loi permet déjà d'accéder
à tout ou partie d'un diplôme par la validation des acquis
professionnels. Mais les dispositions actuelles n'ont
qu'un faible impact. De multiples formes de certification
se mettent en place qui ne répondent pas toujours à de
réels besoins. Il faut développer dans ce domaine une
offre de service de qualité, renforcer l'implication des
représentants du monde économique dans l'élaboration des
titres et des diplômes et mettre en place une régulation
des différentes formes de certification;
-
donner toute leur portée aux formations en alternance.
L'insertion des jeunes doit être conçue non pas sur le
modèle de la transition entre l'école et la vie professionnelle,
mais comme un processus de professionnalisation qui commence
au sein même du système éducatif et se prolonge au cours
des premières années de vie professionnelle. L'alternance,
sous toutes ses formes (au sein des cursus scolaires,
par l'apprentissage ou à travers les contrats de travail
en alternance) doit concrétiser progressivement cet objectif;
- clarifier
le rôle des acteurs. La réussite du processus de réforme
passe par une simplification des procédures de concertation,
le développement de modalités d'engagement contractuel
entre les acteurs, la mise en place de dispositifs d'évaluation
et une plus grande transparence des modes de financement
Certaines
de ces transformations exigeront des modifications législatives.
Mais de nombreuses avancées peuvent être faites dans ces
différents domaines par la voie réglementaire et par l'expérimentation.
La secrétaire d'État aux Droits des femmes et à la Formation
professionnelle conduira ce processus en étroite concertation
avec les différents ministères et tous les acteurs concernés.
Le droit
individuel et garanti collectivement se mettra en place
progressivement. Dans ce but, il sera nécessaire de créer
les conditions favorables à l'ouverture de négociations
entre les partenaires sociaux. L'État, quant à lui, entreprendra,
après concertation, la modification de la loi de 1971, afin
de refonder le cadre législatif de la formation professionnelle.
A l'issue
du Conseil des ministres, un Livre blanc intitulé "Diagnostics,
défis et enjeux" a été diffusé. Il dresse un bilan du système
de formation professionnelle existant, et en évalue les
atouts et faiblesses.*
Ce "diagnostic"
devrait constituer le support d'une concertation élargie
à l'ensemble des acteurs de la formation. Interviewée après
la publication de ce document **, Mme Nicole Péry a rappelé
en effet que sa méthode de travail sera basée sur une très
large concertation. "La formation tout au long de la vie
doit rester un élément central du dialogue social. C'est
avant tout aux partenaires sociaux de s'engager dans la
construction du nouveau système de formation et de définir,
en concertation avec l'État, les modalités d'accès et de
financement dont on doit souhaiter accroître la transparence
et l'efficacité. Les actes législatifs viendront, en leur
temps, conforter les accords."
Parallèlement
à cette concertation, des expérimentations pourraient se
dérouler dans les régions autour de logiques de territoires
et de logiques interprofessionnelles.
De
même, une mission a été confiée au Député Gérard Lindeperg:
"évaluer d'ici septembre l'efficacité du partenariat institutionnel
entre les acteurs de la formation professionnelle". "Dans
les mêmes délais, une mission sera confiée à l'Inspection
générale des affaires sociales (IGAS) sur l'évaluation des
dispositifs de formation proposés aux demandeurs d'emploi.
Enfin, au cours de l'automne, une conférence européenne
réunira à Paris des représentants des pays de l'Union européenne
sur l'échange des bonnes pratiques en matière de formation
tout au long de la vie. Ces travaux pourraient nourrir des
initiatives proposées par la France lors de sa prochaine
présidence, tant j'ai conscience que l'on doit inclure la
dimension européenne dans la plupart de nos politiques"
a indiqué la Ministre.
Sources:
Compte-rendu du Conseil des ministres du 17 mars 1999/INFFO
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